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Joli Mois de l’Europe 2021 : une action en faveur de l’égalité professionnelle à Saint-Omer

| Publié le 8 juillet 2021 | Dernière mise à jour le 9 juillet 2021
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Depuis 2010, le Joli Mois de l’Europe (JME) permet de mettre en avant les actions cofinancées par les fonds européens, notamment le Fonds Social Européen (FSE). Tout au long du mois de mai, plusieurs évènements ont été organisés dans toute la France et en Hauts-de-France pour célébrer l’Europe. Dans cet article, focus sur l’action de l’association Galilée, association de l’ESS pour dynamiser l’égalité professionnelle dans le Nord.

Créée en 2001 avec l’objectif de promouvoir la participation de la société civile au développement territorial, l’association Galilée (Saint-Omer) s’engage aujourd’hui pour faire progresser l’égalité professionnelle femmes-hommes dans le secteur de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Grâce au soutien du FSE, Galilée a franchi de nouveaux caps en termes d’actions et de notoriété. Rencontre avec Jean-Paul Moutiez, son directeur.

Quels types d’actions sont à l’actif de Galilée ?
Jean-Paul Moutiez : “Dans notre région, nous avons constitué un réseau d’une trentaine d’opérateurs de l’ESS, porteur de nombreuses initiatives. Quelques exemples : une fête annuelle de l’ESS baptisée Pop Corn, la création d’un emploi mutualisé de chargé de communication, la création en cours d’un tiers-lieu d’informations et d’animations « Le quai des initiatives solidaires ».

Pourquoi l’égalité professionnelle fait-elle partie de vos priorités ?
Galilée milite pour que la société civile participe à l’essor local. Or, elle est constituée d’hommes et de femmes dont le vécu diffère. Un projet de développement doit bénéficier à tous les publics et permettre la participation de chacun et chacune. L’ESS revendique par ailleurs son rôle de transformation sociale, elle se doit donc d’être exemplaire en matière d’égalité professionnelle.

Comment l’ESS se situe aujourd’hui sur ce sujet ?
Les activités de l’ESS sont en général très ouvertes au dialogue interne, ce qui mène à des progrès sociaux majeurs notamment dans la conciliation des différents temps de vie. En revanche, le plafond de verre est important puisque 68% des salariés de l’ESS sont des femmes alors que celles-ci n’occupent que 56% des postes de cadres et 51% des postes de direction*.

Qu’en est-il des emplois non cadres ?
Deux femmes sur cinq salariées de l’ESS travaillent à temps partiel ; les deux tiers des emplois à durée déterminée (20% de l’emploi en ESS !) sont occupés par des femmes, et l’ESS se caractérise par une très forte concentration des femmes sur quelques métiers surtout dans le soin et les services aux personnes. Par ailleurs, les inégalités salariales sont à peine moindres que dans le secteur privé.

Quels sont les freins à l’égalité ?
Les questions de l’égalité professionnelle ne sont que peu ou pas abordées dans la plupart des organismes. L’ESS a trop tendance à s’estimer vertueuse par nature. Nos valeurs devraient au contraire nous amener à nous questionner sur nos pratiques concrètes. De plus, cette thématique se trouve souvent réduite à la lutte contre les idées reçues alors que de nombreuses inégalités résultent de déficits dans l’organisation interne, notamment en matière de gestion des ressources humaines.

Et quels sont ses leviers ?
L’ESS dispose de réelles capacités de dialogue et de débat et elle est socialement innovante. Elle est en renouvellement constant, ce qui facilite les apprentissages et l’adoption de nouvelles pratiques.

Dans ce contexte, comment l’association Galilée agit-elle ?
Nous réunissons des acteurs sur un bassin d’emploi autour d’animations et d’échanges sur l’égalité professionnelle. Nous accompagnons les employeurs dans leur cheminement via une analyse ciblée pour les aider à intégrer une approche transversale de ce sujet. Enfin, nous produisons des outils pédagogiques écrits ou vidéos, dans un objectif de sensibilisation et d’auto-formation.

Avez-vous constaté des évolutions récentes ?
Depuis deux ou trois ans, dans notre région des Hauts-de-France, de grands réseaux tels que Le Mouvement Associatif, la Chambre Régionale de l’ESS et l’APES (Acteurs pour une Économie solidaire) se mobilisent sur le sujet. Et les femmes salariées de l’ESS provoquent le débat et font évoluer les lignes. Les employeurs de l’ESS doivent s’appuyer sur ces dynamiques pour impulser un dialogue planifié dans le temps et organisé autour d’objectifs concrets. Les actions ponctuelles de sensibilisation ou de déconditionnement sont nécessaires mais non suffisantes. Nous préconisons de créer des binômes mixtes exerçant des missions de référents égalité pour porter le sujet à l’interne, et de les renouveler régulièrement.

Sur quels critères votre projet a-t-il été distingué par le FSE ?
En tant que petite structure comptant 5 personnes salariées, nous sommes engagés depuis 2015 dans les questions de l’égalité professionnelle dans l’ESS avec le soutien du FSE. Nous revendiquons nos savoir-faire en matière d’innovation mais aussi notre capacité à mobiliser progressivement les réseaux régionaux de l’ESS.

Quels sont les impacts de ce soutien ?
Conjugué à celui de la Direction régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité des Hauts-de-France, il nous permet de créer et d’expérimenter. Ce soutien nous a aidé à obtenir la reconnaissance de grands réseaux régionaux qui s’appuient sur nos compétences pour lancer de nouvelles actions de promotion de l’égalité professionnelle. Avec l’Apes, nous avons par exemple réalisé un MOOC* de 25 minutes sur ce sujet. A plus long terme, nous souhaitons atteindre une logique de mainstreaming, autrement dit d’élargissement de nos actions et de reproduction à des niveaux plus larges. Et ce, en nous basant sur notre volonté de produire de la valeur ajoutée par l’innovation.”

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En savoir plus :

Le portail officiel des programmes nationaux du Fonds social européen

Le portail des Fonds européens en France (FEDER, FSE, FEADER...)

Coordonnées des centres Europe Direct Hauts-de-France (Amiens, Douai, Dunkerque, Fourmies, Laon, Roubaix, Saint-Omer)

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